Comparaison de deux situations initiales
(l'une extraite du texte de Samivel, l'autre du texte de François Mathieu)
Cette histoire se passe il y a bien longtemps ; vers la fin du
XIII ème siècle, dans une petite ville allemande qui sappelait Hameln.
Le fleuve Weser coulait paresseusement au pied des remparts de cette jolie cité dont les
habitants, hélas pervertis par leur richesse, vivaient dans le mensonge, lavarice
et la gourmandise. Trop bien protégée par ses tours et ses créneaux, la ville
navait plus rien à craindre des brigands qui couraient par le pays. Ainsi quelques
soldats montaient une garde de routine tout en mourant dennui, se consolant
toutefois à lidée de dévorer bientôt leur pantagruélique repas quotidien.
Le dimanche matin, tous les habitants dHameln se groupaient dans la cathédrale pour
accomplir leur devoir de chrétien. Ils nétaient pas peu fiers de ce monument pour
lequel chacun avait offert, lun une statue, lautre, un vitrail
une bonne
façon dacheter son paradis et de se donner bonne conscience, en quelque sorte !
Jusquau bourgmestre en personne qui, bien que des plus avares, avait fait don du
magnifique retable en bois sculpté qui ornait le chur.
Toutefois, le curé, Maître Godfried, nétait pas dupe. Chaque fois quil
montait en chaire, la vue de ces ventres rebondis et de ces toilettes excessives le
mettait dans une sainte colère : « Alors que dans le monde, et jusque sous vos
murs, de pauvres hères se nourrissent encore de racines, vous êtes là, rêvant à vos
poulardes rôties, à vos ragoûts de chevreuil, à vos pâtisseries qui débordent de
crème comme vos âmes de péchés ! Songez donc une seule fois à changer vos
déplorables habitudes ! Je vous en conjure mes frères
Changez cela, changez vite,
sinon la colère divine sabattra sur vous tous. » Mais lassistance,
habituée à ces reproches dominicaux, attendait la fin du sermon sans lombre
dun repentir.
La malédiction annoncée par Maître Godfried ne se fit pas attendre.
La veille de Noël, alors que les gardes attendaient lheure de la relève pour aller
réveillonner bien au chaud, une horde de gros rats noirs vint samasser
en une marée mouvante au pied des remparts.
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Il ny avait pas longtemps de cela, un bateau fantôme avait accosté sans bruit dans lembouchure de la Weser. Des lambeaux de voiles rouges pendaient aux mâts brisés. Le pont était désert. Un petit animal gris au museau pointu, longue queue, courtes pattes, était sorti dentre deux planches disjointes. Personne ici ne savait encore qui il était. Un deuxième le suivit. Un troisième, un quatrième. Une légion de rats venus dailleurs se répandit à travers le pays.
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Souligner les verbes, remarquer l'emploi de l'imparfait pour décrire la situation initiale. Le passé simple au moment où l'action se déclenche.
Dans le premier texte, l'auteur situe l'histoire dans le temps et dans l'espace, décrit la ville avec de nombreux détails, qui nous permettent de comprendre la suite : les rats envahissent la ville pour punir ses habitants. On voit très nettement où commence l'action. Ce texte a été prétexte à expliquer un grand nombre de mots de vocabulaire, d'y substituer des synonymes...
Dans le second texte, la situation initiale est complètement différente : vision d'un bateau envahi par les rats, qui se répandront dans la ville. Nulle description d'Hamelin. Difficile de noter le moment exact où débute l'action.